Mémoire de ruisseau

Souvenir d’un vent

Poèmes — 2017

II — LE RECUEILSouvenir d’un vent

10 / 10

Un bureau d’écriture éclairé par une petite lampe, parmi des feuilles et des livres ; une fumée légère esquisse une vision indéfinie dans la nuit.
FRAGMENT I
I

Le son silencieux

Je m’acharne parfois sur quelques mots farouches,Pour parvenir enfin au but qui me touche.

Le sens est bien caché, la virgule flottante,La question demeure parfois dans son antre.

Je me fais une joie d’ordonner un dessein,Pour entrevoir un peu d’or dans mes mains.

La raison me rappelle que tout n’est qu’illusion,Or, j’use de ce voile jusqu’à la déraison.

Je transforme ma douleur en couleurs,Pour y voir plus clair, une petite lueur.

La fumée qui m’accompagne jusqu’au bout de la nuitM’emmène vers moi-même, sans un bruit.

Thierry

Un bureau d’écriture et un chat devant une fenêtre ouverte sur une ville brumeuse, un horizon doré et un ciel étoilé où volent un oiseau et veille la lune.
FRAGMENT II
II

Lumière

Je scrute le plafond, la lumière m’éblouit,Sous le pas fuyant d’une ombre dans la nuit.

L’ombre se disperse et balaye ma feuille,Encore une petite fleur que je cueille.

Des mots résonnent encore dans ma tête,C’est le trajet heureux de cette alouette,

Frais et pur comme de l’eau glacée.Je respire, j’évacue cette douce pensée.

Une spirale de bien-être m’emporte loin de moi,Et je vole au-dessus d’un monde qui n’existe pas.

Les étoiles qui m’appellent me montrent le chemin,Je navigue vers les cieux sans penser à demain.

Oui, nous sommes vivants sous ce triste ciment,Et j’emporte avec moi les êtres en tourment.

La vie est ainsi faite, je me hâte de grandir,Pour pouvoir terrasser le mal et partir.

Thierry

Une forêt onirique sous un ciel bleu étoilé, traversée de rayons dorés, avec un sentier bordé de mousse et de pissenlits lumineux.
FRAGMENT III
III

Le rayon

Je surprends un rayon qui fuit l’horizon.Des paillettes s’en détachent pour me donner le ton.

L’illusion est trop belle, je me mets à y croire,Pour l’instant d’après, pleurer dans le noir.

Le courant m’entraîne, l’eau est vive et glacée.La fraîcheur surprenante ravive mon esprit.

Elle me donne un instant, un petit sursis,Pour abattre les tabous et les petits secrets.

Mon jardin secret est bien trop capricieux.Il se développe sans guide sous le regard des cieux.

Encore un désir fou, j’appelle à un meilleur destin,Sans regarder, ici et maintenant, ce que j’ai dans les mains.

La vie est surprenante dans ce regard d’enfant.Tout est une découverte, un espace géant.

Un regard émerveillé, un plaisir bien présent,Est un cadeau généreux qui provient du dedans.

Thierry

Un carnet posé sur un rebord de pierre mouillé, parmi des fleurs et des pétales, devant une ville et un fleuve baignés de lumière dorée après la pluie.
FRAGMENT IV
IV

Timide beauté

La timide beauté que nous cachons en nous,Une pierre précieuse, un idéal un peu fou,N’est pas très compatible avec le monde formaté,L’esprit se meurt face au matérialisme surfait.

Les idées qui germent dans mon esprit,À l’inverse des pierres dans un torrent,Prennent leur essor dans ma vie,Surprenante et rapide comme le vent.

Une étincelle crée une explosion de couleurs,Alors je prends mon cœur et vous jette des fleurs.Tant pis si ce jardin n’est pas un paradis,Je vous accueille simplement sous la pluie.

Oui, la vie est dure sous ce triste ciment,Et j’évite de penser à mes tristes tourments.Je partage parfois quelques vers qui sonnent bien,Pour, d’une main discrète, façonner un chemin.

Thierry

Une personne assise sous un grand arbre contemple un lac brumeux au soleil levant, un voilier et des montagnes sous un visage esquissé dans les nuages.
FRAGMENT V
V

Silence

Le calme est revenu, un aspect reposant.La tempête est lointaine et je claque des dents.Le bruit de mon silence est souvent très troublant.Je marche à tâtons sur des sables mouvants.

Mes idées qui reposent sous quelques vers pâlesDiffusent le parfum de mon humeur maussade.L’air se disperse mais reste l’essentiel,L’essence de la passion qui me donne des ailes.

Je cours ainsi sur des chemins sinueux,Me cachant ça et là entre un arbre et Dieu.Mon histoire est sincère et raconte sans effortQue ma pensée vogue pour rejoindre le port.

Alors, assis dans l’herbe, je contemple le temps.Les nuages glissent sur ma vie en suspens.La vie est éphémère et la nature précieuse,Ce n’est qu’une prière et une idée pieuse.

Thierry

Un petit îlot de sable blanc entouré d’un lagon turquoise, avec un palmier central sous un ciel bleu et des nuages dorés, dans une illustration onirique.
FRAGMENT VI
VI

Le lagon

Le lagon qui excite mes pensées,Attire les regards avec facilité.Il est à la fois translucide et paisible,Un havre de paix enfin accessible.

L’ivresse de la perfection est palpable,Et l’eau chaude caresse le sable.Le turquoise se marie au bleu-ciel,Mélange émouvant pour une lune de miel.

Une goutte de sueur, je glisse lentement,Vers des fonds à l’aspect saisissant.Assis, souvent j’imagine ce mouvement,Où mon corps est en phase naturellement.

Thierry

Un chemin de campagne après la pluie, des flaques dorées au soleil couchant, des herbes et une brume légère ; un saxophone discret repose près d’une barrière en bois.
FRAGMENT VII
VII

Une note de jazz

Sur le chemin boueux, les bottes dans la vase,Je respire la campagne, une note de jazz.Le swing est si beau sur tes pas rigolos,Une envie de plongée, c’en est trop.

Trop de musiques me rendent sourd,Tu illumines mon cœur d’un son trop parfait.Je prie pour un éternel retour,Une bise sur ta joue, un soir d’été.

Je suis jaloux du vent qui caresse tes cheveux,Et d’une goutte de pluie qui roule sous tes yeux.J’en veux au soleil de réchauffer ta peau,Un jour, tu connaîtras la vérité de mes mots.

Thierry

Une île paradisiaque aux couleurs éclatantes, entourée d’une mer turquoise, disparaît progressivement dans une brume lumineuse et dorée, comme un souvenir qui s’éloigne.
FRAGMENT VIII
VIII

L’île oubliée

Un amour de plaisir mélangé à l’amer,Vers l’étrange désir de plaire,Font des mots et du verbe un mélange imparfait,De sons qui se répondent entre tristesse et gaieté.

Le fond reste insipide sans une forme sucrée.Le goût et les couleurs doivent se mélanger.Il reste une odeur de miel, une couleur dorée,Une solution subtile d’ivresse ordonnée.

Les sens nous transcendent et emmènent plus loin ;Le clapotis des vagues et l’odeur du foin,Nous rapprochent de nous-mêmes et mènent,Nos liens vers une nature plus humaine.

L’oubli de notre nature sous ce triste ciment,Nous oblige parfois à vivre dans le vent.Je suis triste, elle me manque et j’ai oublié,L’île de mes rêves et sa mer azurée.

Thierry

Deux personnes vues de dos contemplent une mer calme sous une lune lumineuse ; un petit bateau se devine au loin dans une brume froide aux reflets argentés.
FRAGMENT IX
IX

Un soir d’été

Sous un froid bien glacial, je me pose près de toi.Une faible lueur t’amène jusqu’à moi.Nous pouvons regarder l’horizon sereinement,Un appel au loin, c’est celui d’un enfant.

La lune est volubile et ne cesse de rire,Au-dessus de ces vagues effleurant le silence.Nos regards jouent avec ce bateau en transe,Et amènent nos cœurs vers une douce danse.

J’oublie les cris et les couleurs primaires,Tout est une illusion, histoire de te plaire.Je suis ravi, cette lumière est parfaite,Pour entrevoir un ange au-dessus de ma tête.

Ici, je ne peux rester sans elle à mes côtés.Promis, je reviendrai, un soir, un été.

Thierry

Une crique secrète sous de hautes falaises, où l’ombre fraîche rencontre la lumière chaude de l’été sur une eau claire et turquoise.
FRAGMENT X
X

Mémoire de ruisseau

Le soleil qui éclate nos sens appauvris,Réveille en nous la chaleur désunie.Ce petit rayon qui caresse notre peau terne,A le doux parfum du foin et de la ferme.

L’été est l’occasion de toutes les sorties,Et la musique m’entraîne vers de petits paradis.Une crique sous les falaises, je plonge aussitôt,Dans cette eau pure et claire, mémoire de ruisseau.

La balade est sereine, les problèmes lointains.Le bonheur est palpable, je me sens libre et bien.Alors, pour rapprocher cette joie, ce décor,Je prie pour que ce moment dure encore, encore.

Thierry

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