Dire non, nommer une blessure ou refuser un comportement ne demande pas de diminuer l’autre. On peut tenir à une relation et ne plus accepter une manière d’être traité. Une limite dit ce que nous sommes prêts à vivre et ce que nous ferons pour nous préserver.
La douceur n’est pas la soumission. « Je veux bien en discuter, mais pas si tu m’insultes » peut être dit fermement, sans longue justification. Cette parole sera peut-être inconfortable. Sa justesse ne dépend pas de son accueil, et une formulation attentive ne garantit jamais l’accord.
C’est ici que la parole rejoint Le geste juste : parler devient un geste parmi les autres. Parfois avancer, parfois retenir, parfois poser une limite, parfois laisser passer. Chercher une réponse adaptée à la situation, jamais plus que nécessaire. Rester disponible au lien ne signifie pas devoir le maintenir à tout prix.
Point d’appui : Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), chapitre « Observer sans évaluer ». Les formulations proposées ici sont des exemples, pas des citations de l’auteur.